Les Conférences de la souveraineté alimentaire : une feuille de route stratégique à 10 ans et près de 100 projets pour l’avenir des filières agricoles et agro-alimentaires en Nouvelle-Aquitaine

Lancées à l’échelle nationale à l’automne 2025, les Conférences de la souveraineté alimentaire sont inscrites dans la loi d’orientation pour la souveraineté agricole et le renouvellement des générations en agriculture (LOSARGA), qui en donne la définition : maintenir et développer la capacité nationale à produire, transformer et distribuer une alimentation saine et de qualité, tout en préservant la capacité à exporter. Elle prévoit l’élaboration d’une stratégie par filière à horizon 10 ans, ainsi qu’un rapport parlementaire tous les cinq ans et des évaluations à mi-parcours.

Une première étape, conduite à partir de l’automne 2025 au travers de sept groupes sectoriels (viandes blanches, grandes cultures, ruminants, viticulture, productions végétales spécialisées (dont produits de la ruche), pêche et aquaculture, fruits et légumes), a permis d’établir des scénarios et trajectoires, des ordres de grandeurs de production et de transformation à l’horizon de 10 ans, ainsi que d’identifier des premiers leviers d’action pour les atteindre.

La seconde phase, initiée fin mars 2026 à l’échelle de chaque région, consiste à apprécier au niveau du territoire les contributions régionales aux objectifs nationaux, et à identifier des projets susceptibles de participer localement aux trajectoires nationales. Une gouvernance dédiée et multipartenaire a été mise en place en Nouvelle-Aquitaine, avec un comité de pilotage État–Région–chambre régionale d’agriculture et un comité technique réunissant les principaux représentants des filières et les interprofessions, cheffes de file des travaux régionaux. Au regard des spécificités régionales, de l’évolution de la consommation, du changement climatique ou du contexte géopolitique, les acteurs de la région ont ainsi été amenés à se positionner par rapport aux objectifs fixés au plan national. Témoignage de la diversité des productions régionales, tous les groupes de travail nationaux ont une déclinaison en Nouvelle-Aquitaine.

Le rapport de synthèse expose les trajectoires régionales retenues, les principaux freins et besoins liés à leur concrétisation, les leviers d’adaptation au changement climatique, à la pression sanitaire, ainsi que les contributions à des domaines plus transversaux comme l’emploi, l’aménagement du territoire, la biodiversité, l’économie rurale…

Sophie BROCAS, Préfète de la région Nouvelle-Aquitaine, et Alain ROUSSET, Président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, ont co-présidé le 9 juillet 2026 la réunion de bilan de la phase territoriale des conférences de la souveraineté alimentaire, en présence de Bernard LAYRE, Président de la Chambre régionale d’agriculture. Au sein du lycée agro-viticole de Blanquefort, cette session marque l’aboutissement d’une mobilisation collective exceptionnelle de l’ensemble des acteurs des filières agricoles, aquacoles, maritimes et agroalimentaires de la région.

Grâce à une concertation d’envergure qui a sollicité plusieurs centaines d’acteurs, à la collecte de 230 contributions et à l’animation de groupes sectoriels, reflets des groupes nationaux, un diagnostic, des ambitions et des objectifs par production ont été partagés. Près de 100 projets d’entreprises ou de collectifs ont été identifiés et leurs conditions de réussite mises en avant. Ils illustrent la réactivité du territoire et pointe les enjeux fondamentaux :
• faire face au défi du siècle qu’est le changement climatique et à la pression sanitaire croissante dont les conséquences affectent désormais toutes les filières : sécurisation de l’accès à l’eau, accès à des moyens de lutte efficaces, adaptation des systèmes de production et des bâtiments, introduction de nouvelles variétés. Les investissements sont importants et supposent un partage du risque pour un partage de la valeur.
• faire face au défi du renouvellement des générations par le soutien à l’installation et la transmission avec un objectif maintenu de près de 1 000 parcours aidés par an via la Dotation Nouveaux et Jeunes Agriculteurs (DNJA) et qui implique également de renforcer l’attractivité des métiers, notamment par la sécurisation du revenu.
• conforter le potentiel de production des filières actuelles et développer des filières émergentes à forte valeur ajoutée, y compris dans le cadre de la diversification : chaque filière a précisé ses ambitions et objectifs qu’on retrouve dans le rapport.
• moderniser et accompagner la structuration des outils de l’aval : abattoirs, laiteries, outils de stockage, de première transformation et de logistique sont aussi la condition d’une souveraineté qui ne se limite pas à la seule production agricole.

Le rapport de synthèse est accessible ci-dessous, ainsi que la synthèse des ambitions de chaque filière et le diaporama de la réunion de clôture du 9 juillet 2026.

La liste des près de 100 projets recensés ainsi que les fiches descriptives de la plupart d’entre eux seront portés à la connaissance du Ministère et alimenteront la suite des travaux de ces conférences de la souveraineté alimentaire et des projets d’avenir agricole qui résulteront de la loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles.


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