Etudes n°58 - Mars 2026 - Un quart des exploitations néo-aquitaines vendent en circuit court

Circuits courts

Un quart des exploitations néo-aquitaines vendent en circuit court

En 2020, parmi les 64 200 exploitations agricoles de Nouvelle-Aquitaine, 14 455 vendent au moins un de leurs produits via un circuit court, soit 23 %. Les exploitations régionales spécialisées en viticulture AOP ont plus souvent recours à la vente en circuit court qu’au niveau national. Plus de la moitié des exploitations en AB commercialisent en circuit court. La vente directe à la ferme en est le mode de vente le plus fréquent.
Les exploitations pratiquant la commercialisation en circuit court emploient plus de main-d’oeuvre et les chefs d’exploitation sont plus jeunes.

En Nouvelle-Aquitaine, sur les 64 200 exploitations agricoles 14 455 déclarent, au recensement agricole de 2020, commercialiser un ou des produits directement au consommateur final ou avec un seul intermédiaire c’est-à-dire en circuit court (définitions page 7). Cette activité concerne 23 % des exploitations néo-aquitaines, niveau équivalent au niveau national et classe la région au sixième rang des régions métropolitaines. Les exploitations vendant en circuit court commercialisent majoritairement un seul produit (88 %).

Fichiers

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Miel, légumes et fleurs en tête des ventes en circuit court

La vente en circuit court est diversement répandue selon les spécialisations des exploitations (graphique 1). Les apiculteurs et les maraîchers/horticulteurs, comme au niveau national, sont les plus engagés dans la vente en circuit court avec respectivement 80 % et 76 %. Particularité de la Nouvelle-Aquitaine, la vente de vin AOP/IGP arrive en 3e position, alors qu’au niveau national cette place est occupée par les arboriculteurs. Plus de 50 % des exploitations spécialisées en vins sous signe de qualité vendent en circuit court contre 32 % en France métropolitaine.
À l’inverse, les exploitations spécialisées en grandes cultures vendent très peu leur production via un circuit court (8 %). En effet, la majorité des cultures sont destinées à l’alimentation humaine voire animale et passent par des processus de conservation et de transformation avant l’ultime commercialisation (en farine, pâtes, huile, produits transformés...). Par conséquent, le consommateur final se retrouve éloigné du producteur, au sens du nombre d’intermédiaires.

Graphique 2 - Des vins AOP/IGP plus souvent vendus en circuit court en Nouvelle-Aquitaine

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Graphique 2 - Des vins AOP/IGP plus souvent vendus en circuit court en Nouvelle-Aquitaine
Part vendant en circuit court selon leur spécialisationPart vendant en circuit court France
Grandes cultures 8 9
Bovins viande et mixte 13 17
Autre viticulture 14 18
Bovins lait 15 12
Ovins caprins autres herbivores 23 29
Volailles porcins et combinaison granivore 26 25
Polyculture polyélevage hors apiculture e autres 28 32
Cultures fruitières 31 46
Viticulture AOP ou IGP 50 32
Maraîchage et horticulture 76 74
Apiculture 80 87

Source : Agreste - Recensement agricole 2020

La transformation diversement répartie dans les exploitations en circuit court

Dans la région, près de 7 760 exploitations commercialisent en circuit court et réalisent une activité de transformation de produits agricoles (54 %) alors que cette activité est réalisée par seulement 8 % des exploitations vendant en circuit long.
Cette activité de transformation concerne plus particulièrement les produits laitiers et les produits issus du raisin, respectivement 91 % et 88 % (graphique 2). À l’inverse, l’activité de transformation concerne très peu les légumes frais (21 %).

Les exploitations en AB sollicitent plus la vente en circuit court

En Nouvelle-Aquitaine, un peu plus de 7 200 exploitations déclarent être engagées en Agriculture Biologique (AB), certifiées ou en conversion. Plus de la moitié d’entre elles commercialisent tout ou partie de leurs produits en circuit court alors que les exploitations conduites en conventionnel atteignent à peine 20 % (graphique 3) soit 33 points de moins.
Cette tendance s’observe pour toutes les spécialisations mais elle est plus marquée pour les exploitations spécialisées en ovins-caprins (57 % et 20 %), en viticulture (68 % et 31 %), en polyculture-polyélevage (57 % et 23 %) et pour les bovins lait (48 % et 11 %).

Graphique 3 - La vente en circuit court plus utilisée par les exploitations en AB
Part d’exploitations vendant en circuit court selon leur spécialisation et leur mode de production

Source : Agreste - Recensement agricole 2020

Lecture :52 % des producteurs en AB commercialisent en circuit court contre 19 % des producteurs en conventionnel.

La vente directe à la ferme, mode de vente en circuit court le plus courant

Dans la région, la vente directe est pratiquée par 7 exploitations sur 10 en circuit court et la vente directe à la ferme est le mode de commercialisation privilégié. Elle est pratiquée par 67 % des exploitations vendant en circuit court.
Les autres modes de commercialisation en circuit court les plus courants sont les ventes « à des commerçants détaillants » et la vente « directe sur les marchés » respectivement 30 % et 28 % des exploitations en circuit court (graphique 4). La vente à la restauration collective est la moins fréquente (6 %). La vente directe est plus pratiquée que celle avec un intermédiaire.
Le tourisme peut faciliter la vente des produits de la ferme. Ainsi, 6 % des exploitations qui vendent en circuit court pratiquent une activité de tourisme (définitions page 7) et sur les 1 970 exploitations ayant une activité de tourisme 45 % commercialisent en circuit court.
Les exploitations néo-aquitaines vendant en circuit court sont plus souvent présentes dans les territoires à dominante viticole ainsi que sur le littoral (carte 1).

Graphique 4 : La vente directe à la ferme privilégiée
Exploitations selon le mode de commercialisation en circuit court

Lecture :une même exploitation peut avoir plusieurs modes de vente en circuit court.

Source : Agreste - Recensement agricole 2020

Des circuits de vente différents selon les produits

En Nouvelle-Aquitaine, la vente en circuit court représente seulement 34 % des ventes de fruits contre 48 % en France.
Les fruits sont plus souvent commercialisés via une coopérative ou une organisation de producteurs (46 % en Nouvelle-Aquitaine contre 31 % en France).

Dans les Landes où la production fruitière est marginale, mais où certaines exploitations se sont orientées vers la production de kiwi,
60 % des ventes de fruits sont négociées à des coopératives.

Autre différence marquée avec les modes de commercialisation constatés au niveau national,
c’est l’importance des ventes de vin auprès d’opérateurs privés (63 % en Nouvelle-Aquitaine contre 37 % France).
Cela s’explique par l’importance de la commercialisation du Cognac via des maisons de négoce.

Part d’exploitations commercialisant : Directe Avec un intermédiaire Coopérative / OP Négociant / industrie
du miel80 %31 %6 %26 %
des légumes60 %17 %30 %22 %
des œufs, des volailles37 %5 %42 %21 %
des fruits34 %11 %46 %25 %
du vin32 %14 %31 %63 %
du lait, produits laitiers20 %7 %58 %29 %
autres produits animaux14 %6 %40 %58 %
des céréales4 %1 %80 %23 %

* Plusieurs modes de vente sont possibles pour une même exploitation.
Note de lecture : parmi les exploitations commercialisant du miel, 80 % vendent en direct, 31 % via un intermédiaire, 6 % via une coopérative et 26 % via un négociant.

Source : Agreste – Recensement Agricole 2020

Méthodologie

En 2020, des questions plus détaillées sur les modes de commercialisation ont été posées à un échantillon d’exploitations.
Selon cet échantillon, la proportion d’exploitations vendant en circuit court s’élève à 29 % en Nouvelle-Aquitaine,
contre 23 % mesurés via le recensement exhaustif.

Cet écart peut s’expliquer par un biais d’échantillonnage et par les modalités d’enquête.
Le taux de 23 % peut ainsi être légèrement sous-estimé.

Carte 1 - Plus de circuit court dans les territoires à dominante viticole et sur le littoral
Nombre et part des exploitations en circuit court par EPCI (établissement public de coopération intercommunale)

Source : Agreste - Recensement agricole 2020

Tableau 1
Vente en circuit court plus présente dans les exploitations ex-aquitaines
Exploitations vendant en circuit court par département

Départements Nombre d’exploitations vendant en circuit court Répartition des exploitations vendant en circuit court Poids des exploitations vendant en circuit court Part d’exploitations vendant en circuit court au sein des exploitations en AB
Charente 696 5 % 14 % 43 %
Charente-Maritime 1 048 7 % 18 % 59 %
Corrèze 764 5 % 19 % 51 %
Creuse 430 3 % 12 % 53 %
Deux-Sèvres 774 5 % 15 % 40 %
Dordogne 1 836 13 % 29 % 56 %
Gironde 3 514 24 % 50 % 71 %
Haute-Vienne 652 5 % 18 % 48 %
Landes 852 6 % 19 % 40 %
Lot-et-Garonne 1 285 9 % 22 % 37 %
Pyrénées-Atlantiques 1 991 14 % 20 % 66 %
Vienne 613 4 % 15 % 35 %
Nouvelle-Aquitaine 14 455 100 % 23 % 52 %

Note de lecture : 20 % des exploitations des Pyrénées-Atlantiques vendent en circuit court. Elles représentent 14 % des exploitations en circuit court de la région. Les deux-tiers des exploitations en agriculture biologique (AB) de ce département réalisent de la vente en circuit court.

Source : Agreste - Recensement agricole 2020

Près de deux grandes exploitations sur trois vendant en circuit court sont des viticulteurs

Les exploitations qui vendent en circuit court sont principalement de petite taille c’est-à-dire avec une PBS comprise entre 25 000 et 100 000 euros : 29 % des exploitations vendant en circuit court. La structure régionale explique pour partie cette prépondérance : les petites exploitations représentent 28 % des exploitations régionales.
Suivant la taille de l’exploitation, le recours au circuit court est plus ou moins prononcé. En Nouvelle- Aquitaine, 30 % des grandes exploitations commercialisent leur produit en circuit court, soit le taux le plus élevé de commercialisation en circuit court (graphique 5). Au niveau national, au contraire, c’est parmi les petites exploitations que le choix d’un commerce en circuit court est le plus fréquent (27 %). Cela s’explique par l’importance de la commercialisation en circuit court en viticulture. En effet, plus de 60 % des grandes exploitations qui commercialisent en circuit court sont des viticulteurs et majoritairement spécialisées en vin AOP.
À l’inverse, les micros exploitations très présentes au niveau régional, sont moins engagées dans la vente en circuit court, seulement 16 % d’entre elles. Mais parmi ces micros exploitations, les exploitations d’élevage de volailles se démarquent. Effectivement 66 % des micros exploitations avicoles vendent en circuit court, alors que le taux tombe à 14 % pour les grandes.

Graphique 5 - Plus de circuit court chez les grandes exploitations régionales
Part des exploitations commercialisant en circuits courts dans l’ensemble des exploitations par dimension économique en 2020

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Graphique 5
France métropolitaineNouvelle Aquitaine
Micros 20 16
Petites 27 24
Moyennes 22 24
Grandes 25 30
Ensemble 23 23

Source : Agreste - Recensement agricole 2020

Plus de salariés permanents

En 2020, 39 570 actifs permanents, dont 18 940 chefs et coexploitants et 17 970 salariés permanents, commercialisent tout ou partie de leur production en circuit court. En prenant aussi en compte les saisonniers, la main-d’oeuvre employée par les exploitations vendant en circuit court représente 39 857 équivalents temps plein (ETP), soit 36 % de la force de travail régionale. Environ 51 % des exploitations de vente en circuit court ont recours à des salariés permanents contre 26 % pour les exploitations vendant exclusivement en circuit long.
Ainsi, une exploitation pratiquant la vente en circuit court emploie en moyenne 2,8 ETP (y compris saisonniers) contre 1,4 pour celles en filière longue (graphique 6). La différence est nettement marquée en viticulture où les exploitations viticoles qui commercialisent en circuit court ont recours à 4,6 ETP contre 2,4 en filière longue (graphique 7). Les exploitations spécialisées en maraîchage et horticulture qui commercialisent en circuit court font figure d’exception puisqu’elles emploient moins de 2,9 ETP en moyenne contre 7 ETP dans les exploitations vendant en circuit long. Cela s’explique par le recours à des saisonniers dans les moyennes et surtout dans les grosses exploitations maraîchères.

Plus jeunes et plus diplômés

Presque 30 % des chefs d’exploitation commercialisant leur production en circuit court sont des femmes contre 26 % pour les exploitants commercialisant en circuit long uniquement. Les chefs d’exploitation qui vendent via les circuits courts ont en moyenne 50 ans, soit 3 ans de moins que ceux qui commercialisent exclusivement en circuit long. Néanmoins, entre 2010 et 2020, la part des plus de 60 ans a progressé quel que soit le mode de commercialisation (graphique 8).
Les exploitants vendant en circuit court ont un niveau d’étude globalement supérieur à celui des exploitants ayant recours uniquement au circuit long. En effet, les premiers se distinguent par une part plus importante de diplômés du baccalauréat ou de l’enseignement supérieur agricole (respectivement 46 % contre 33 %) comme de l’enseignement général (44 % contre 28 %).

Graphique 6 - Un volume de travail supérieur en moyenne dans les exploitations commercialisant en circuit court

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Graphique 6 - Un volume de travail supérieur en moyenne dans les exploitations commercialisant en circuit court
En circuit longEn circuit court
MO totale 1.4 2.8
Chef et coexploitant 0.9 1.1
MO familiale 0.1 0.3
Salarié permament 0.3 1
Saisonnier 0.2 0.4

Source : Agreste - Recensement agricole 2020

Graphique 7 - Plus de main-d’oeuvre permanente chez les viticulteurs commercialisant en circuit court
Nombre d’ETP moyen par exploitation selon la spécialisation

Source : Agreste - Recensement agricole 2020

Graphique 8 - Des exploitants plus jeunes
Répartition des exploitants agricoles par âge selon leur pratique ou non de la vente en circuit court

Source : Agreste - Recensement agricole 2010 et 2020

Sources et définitions

Cette publication s’appuie sur les résultats définitifs du recensement agricole 2020 au cours duquel la question sur les circuits courts a été posée pour tous les produits agricoles vendus par l’exploitation, bruts ou transformés, que la matière première soit produite ou non sur l’exploitation et qu’ils soient destinés à l’alimentation humaine ou non.
En 2010, par contre, la question se limitait aux produits agricoles destinés à l’alimentation humaine et produits sur l’exploitation. Notamment, les ventes de fleurs et plantes n’étaient pas concernées.

Activité de tourisme : hébergement (chambres d’hôtes, gîtes, camping à la ferme…), restauration (table d’hôte, ferme auberge...) ou les activités de loisirs (promenade à cheval, etc.).

Circuit court : circuit de vente directe au consommateur final ou avec un seul intermédiaire entre l’exploitation agricole et le consommateur final. La distance géographique entre l’exploitation agricole et le consommateur final n’entre pas en considération.
La vente directe peut se faire à la ferme, sur des marchés, des salons ou des foires, dans un magasin de producteurs, en livraison via des formules d’abonnement à des paniers ou non, par internet… Le producteur a une relation directe avec le consommateur final. La vente par distributeur automatique est également considérée comme de la vente directe.
La vente avec un seul intermédiaire concerne par exemple la vente à un commerçant détaillant, aux GMS, à la restauration privée ou collective.

ETP : un équivalent temps plein correspond au travail d’une personne à plein-temps pendant une année entière (un ETP = au moins 1 600 heures travaillées sur l’année).

Taille économique et spécialisation :
La Production Brute Standard (PBS), par un jeu de coefficients attribués aux cultures et aux cheptels, donne une valeur au potentiel de production des exploitations. Elle permet de classer les exploitations en différentes tailles économiques. Sont considérées « micro », les exploitations dont la PBS est inférieure à 25 000 euros par an, « petite » celles dont la PBS est comprise entre 25 000 et 100 000 euros, « moyenne » celles avec une PBS comprise entre 100 000 et 250 000 euros et « grande » celles de plus de 250 000 euros de PBS.
Le calcul de la PBS permet aussi de classer les exploitations selon leur spécialisation (ou orientation technico-économique). Une exploitation est considérée comme spécialisée dans une production quand au moins deux tiers de sa PBS sont générés par cette production. Les coefficients utilisés dans cette publication sont calculés à partir des prix et rendements moyens de la période 2015-2019, ce qui fournit les PBS de 2017.

Transformation : consiste à transformer un produit agricole brut en produit élaboré. Pour tous les produits, le produit agricole brut peut provenir de l’exploitation ou être acheté ailleurs.

Pour en savoir plus :

Publications régionales :

Publication nationale :


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