Herbivores 🐄🐑🐐 - Bilan annuel 2025 au 1er février 2026
L’année 2025 a été marquée depuis la fin du mois de juin par la détection de foyers de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) en France. La décision de suspendre toute exportation de bovins en octobre a entraîné une forte baisse des exports de broutards en Nouvelle-Aquitaine entre 2024 et 2025. En 2025, la production de bovins est en recul par rapport à 2024, quelle que soit la catégorie. Les prix des bovins se sont envolés depuis un an faute d’offre, les prix des laitières et des broutards se stabilisent sur la fin de l’année. Les abattages d’ovins sont largement supérieurs à ceux de 2024. Après avoir fortement augmenté jusqu’en avril, les cotations des agneaux ont subi une forte chute avant d’entamer leur hausse saisonnière à partir du mois de novembre. Les abattages de caprins sont globalement en baisse par rapport à ceux de 2024, les prix des chevreaux restent supérieurs à ceux de 2024 et de la moyenne triennale 2022-23-24.
Gros bovins de boucherie
En 2025, les abattages et les effectifs de gros bovins sont en retrait par rapport à ceux de 2024. Les dynamiques territoriales oscillent entre stagnation et baisse. Les prix s’envolent depuis fin 2024.
Vaches : une baisse de production en cumul sur l’année
En 2025, les sorties pour abattages en cumul des vaches de réforme baissent de 2,1 % par rapport à 2024. Pour les races lait l’écart à la triennale 2022-23- 24 en cumul est de plus de 15,7 %.
En décembre 2025, dans 17 501 exploitations de Nouvelle-Aquitaine 847 834 vaches ont été recensées soit 2,4 % de moins qu’en décembre 2024. Cette diminution des cheptels concerne aussi bien les races viande que lait.
Tableau 1 : Production de gros bovins de boucherie en Nouvelle-Aquitaine (sorties des élevages pour abattage, en têtes)
Note de lecture : De janvier à décembre 2025, 10 067 vaches de réforme, dont 7 753 de races viande sont sorties des élevages de Charente pour abattage. Ce nombre est supérieur de 0,2 % à celui de la même période en 2024.
Génisses : une baisse de production des races viande, une légère progression des races lait
La production cumulée des génisses de boucherie en Nouvelle-Aquitaine diminue de 3,5 % en 2025 par rapport à la même période en 2024.
Les sorties pour abattage des génisses de race viande sont en retrait de 3,7 % sur l’année, avec un écart inférieur de 6,8 % à la moyenne triennale 2022-23-24.
Les sorties pour abattage des races lait augmentent quant à elles légèrement, de 1,3 % en un an.
Avec 543 267 têtes recensées en décembre dans 17 295 exploitations de la région, l’effectif régional de génisses diminue de 3,7 % sur un an. Les 483 685 génisses de races viande constituent 89 % du cheptel régional et baissent de près de 4 % sur cette période.
Bovins mâles : la baisse de production et des effectifs se confirme
En 2025, 105 226 bovins mâles ont été abattus en Nouvelle-Aquitaine soit 5 % de moins qu’en 2024. 174 175 têtes sont recensées dans 14 008 exploitations en décembre 2025. Les 170 382 bovins mâles de race viande, qui représentent 87,8 % du cheptel, sont 6,3 % moins nombreux qu’en décembre 2024.
Graphique 1 : Production de vaches de boucherie de races viande en Nouvelle-Aquitaine
Graphique 3 : Production de génisses de boucherie de races viande en Nouvelle-Aquitaine
Graphique 5 : Production de bovins mâles de boucherie de races viande en Nouvelle-Aquitaine
Graphique 2 : Production de vaches de boucherie de races lait en Nouvelle-Aquitaine
Graphique 4 : Production de génisses de boucherie de races lait en Nouvelle-Aquitaine
Graphique 6 : Production de bovins mâles de boucherie de races lait en Nouvelle-Aquitaine
Des prix très supérieurs à leur niveau de 2024 pour les bovins
La présence de la maladie infectieuse MHE (Maladie Hémorragique Épizootique) a impacté les effectifs et les mouvements de bovins. Ce sont près de 4 300 communes du territoire régional qui sont actuellement situées dans la zone régulée MHE. Depuis la fin d’année 2024, ce contexte sanitaire a eu des conséquences sur la baisse de production, et donc sur la hausse exceptionnelle des prix en 2025.
Les moyennes annuelles de 2025 des cotations des vaches de races viande sous SIQO, vaches Limousine U- et génisses U- dépassent de plus de 30 % la moyenne annuelle triennale 2022-23-24.
La cotation de la vache Blonde d’Aquitaine U= dépasse la moyenne triennale annuelle de plus de 27 %. De la même manière, les cotations des viandes de jeunes bovins U= et de vaches laitières P= dépassent de plus de 27 % la moyenne annuelle triennale.
Seuls les prix des vaches laitières marquent une légère baisse en fin d’année 2025.
Au niveau national(1), en novembre 2025 la balance commerciale de viande bovine reste déficitaire sur un an, avec une nette baisse de 11,9 % des exportations en volume et une diminution significative des importations de 9,3 %.
La consommation de viande bovine reste stable sur l’année (– 0,2 %).
(1) Source : Agreste, IR Bovins, janvier 2026
Graphique 7 : Cotation vache Limousine U- (<10 ans, >350 kg, SIQO)
Graphique 9 : Cotation génisse U- (type viande > 350 kg)
Graphique 11 : Cotation vache laitière P=
Graphique 8 : Cotation vache Blonde d’Aquitaine U= (<10 ans, >350 kg, SIQO)
Graphique 10 : Cotation jeune bovin mâle U= (type viande > 330 kg)
Veaux
La baisse de production continue, les prix s’envolent.
En 2025, 161 373 veaux de boucherie toutes races ont été abattus en Nouvelle-Aquitaine avec une baisse de plus de 9,6 % comparé à 2024.
Les veaux de race lait sont particulièrement touchés avec un recul de près de 10,7 % par rapport à l’année précédente. La baisse concerne également les races viande, avec un retard cumulé de 13,1 % par rapport à la moyenne triennale 2022-23-24.En décembre 2025, 15 719 exploitations de la région comptent 467 546 veaux de boucherie toutes races cumulées soit 2,5 % de plus qu’en décembre 2024. Cette augmentation concerne aussi bien les races viande que lait.
Le contexte global de baisse des naissances et de baisse des cheptels, associé entre autres aux difficultés sanitaires liées aux épizooties vectorielles MHE et FCO, continue d’avoir un impact important sur les prix. Déjà en augmentation depuis plusieurs années, ils ont décollé en septembre 2025. Ainsi, fin décembre 2025, la cotation du veau élevé au pis U rosé clair atteint 11,89 €/kg de carcasse, soit 14,9 % de plus que fin décembre 2024 et 22,2 % de plus que la moyenne triennale 2022-23- 24. À la même date, celle du veau non élevé au pis R rosé clair s’affiche à 9,47 €/kg de carcasse, soit 22,1 % de plus que la moyenne triennale.
Tableau 2 : Production de veaux de boucherie (sorties des élevages pour abattage)
Note de lecture : De janvier à décembre 2025, 18 748 veaux de boucheries de race viande sont
sortis des élevages de Corrèze pour abattage, soit 20,6 % de moins que la même période en 2024.
Graphique 12 : Production de veaux de boucherie de races viande en Nouvelle-Aquitaine
Graphique 14 : Cotation veau élevé au pis rosé clair U
Graphique 13 : Production de veaux de boucherie de races lait en Nouvelle-Aquitaine
Graphique 15 : Cotation veau non élevé au pis rosé clair R
Broutard
Une baisse pour les broutards légers, des prix toujours très élevés>
En 2025, avec 201 907 sorties, les exports de broutards provenant de 17 956 exploitations de la région baissent de 3,4 % comparés à 2024 et sont inférieurs de 8,6 % à la moyenne triennale 2022-23-24.
Les exports de broutards lourds sont stables alors que ceux des broutards légers diminuent de 4,3 %. Le contexte sanitaire lié à la MHE a entraîné une baisse des vêlages en 2024 avec une réduction de l’arrivée des broutards sur le marché. Au mois de décembre 2025, les 6 082 têtes exportées sont en hausse de près de 4,5 % par rapport à décembre 2024.
Après une période de suspension, du 8 octobre au 5 novembre 2025, en lien avec la dermatose nodulaire contagieuse, les exportations ont pu redémarrer. Cette reprise nette des envois de broutards, en particulier vers l’Espagne, a fait grimper les prix.
Dans ce contexte de diminution des effectifs et de forte demande, cette hausse exceptionnelle des prix est inédite, avec un pic atteint en début d’automne. Les cotations se sont ensuite stabilisées mais les valeurs restent particulièrement élevées. Le cours des broutards de race Limousine U atteint la moyenne annuelle de 5,68 €/kg vif, supérieur de plus de 53 % à la moyenne annuelle triennale 2022-23-24. De même, la race Blonde d’Aquitaine, avec 6,70 €/kg vif fin décembre 2025 se situe à près de 49 % au-dessus de la moyenne triennale 2022-23-24.
Tableau 3 : Exportations de broutards
Note de lecture : De janvier à décembre 2025, 6 916 broutards légers ont été exportés depuis la Charente, soit 7,1 % de moins que sur la même période en 2024.
Graphique 16 : Exportations de broutard légers en Nouvelle-Aquitaine
Graphique 18 : Cotation broutard race Limousine 6-12 mois (300 kg) U
Graphique 17 : Exportations de broutard lourds en Nouvelle-Aquitaine
Graphique 19 : Cotation broutard race Blonde d’Aquitaine 6-12 mois (300 kg) U
Ovins
Une production en hausse mais des prix depuis août en forte diminution par rapport aux années précédentes>
Sur l’année 2025 en cumulé, 1 064 282 ovins ont été abattus dans les abattoirs de Nouvelle-Aquitaine, soit 21 999 tonnes équivalent carcasse (tec), soit une hausse de 14,4 % en têtes, et de 19,6 % en poids par rapport au cumul de l’année 2024.
La production en 2025 n’a pas semblé entamer de baisse saisonnière aussi marquée que les années précédentes. Ainsi, les abattages de l’année 2025 sont supérieurs de près de 20 % à ceux de 2024, et de 10 % à ceux de la moyenne triennale 2022-23-24. Cette hausse régionale de la production est notamment liée au rachat en juin 2024 du 1er abattoir d’agneaux de France Sodem par le groupe Bigard au Vigeant (86).
Depuis le début de l’année, 853 244 agneaux ont été abattus. Ils représentent 80,2 % des effectifs.
Plus de 16 254 tonnes ont été abattues depuis janvier 2025, soit près de 25 % de plus qu’en 2024 en poids et 18,3 % en nombre de têtes.
Le cumul des abattages pour l’ensemble des ovins est supérieur de 10,0 % à la moyenne triennale cumulée 2022-23-24. Celui des agneaux la dépasse de 17,2 %.
Le poids total abattu par rapport au nombre d’agneaux et d’ovins de réforme continue à être plus élevé que le nombre d’animaux abattus et confirme bien la tendance à l’engraissement des ovins.
En janvier 2025, le cours de l’agneau 16-19 kg couvert U est en hausse de près de 18 % par rapport au mois de janvier 2024.
Il atteint son pic saisonnier de 12,29 €/kg de carcasse en avril, correspondant aux fêtes de Pâques.
La cotation régionale zone Nord pour l’agneau a chuté de près de 27 % entre les mois d’avril et de septembre 2025.
Début septembre, elle est à son niveau le plus bas, affichant un creux bien marqué de 8,91 €/kg de carcasse, soit 8,1 % de moins qu’en septembre 2024. Ensuite elle se stabilise. Soutenue par une offre automnale faible, elle amorce en novembre sa hausse saisonnière.
La cotation régionale atteint 10,33 €/kg de carcasse soit 6 % au-dessus de la moyenne triennale 2022-23-24 mais près de 7 % de moins qu’en décembre 2024.
La hausse de production en lien avec une demande faible peut expliquer la baisse des cours de la viande ovine.
Graphique 20 : Abattages ovins en Nouvelle-Aquitaine
Graphique 21 : Cotation agneau 16-19 kg couvert U
Caprins
La production en baisse, les prix légèrement supérieurs à ceux de 2024
En 2025, 403 284 caprins ont été abattus dans les abattoirs de Nouvelle-Aquitaine pour 4 103 tonnes équivalent carcasse (tec), soit 3 % de moins qu’en 2024.
En 2025, 293 832 chevreaux ont été abattus soit une baisse de 2,6 % par rapport à 2024. Les chevreaux représentent 72,9 % du total de caprins abattus, le département des Deux-Sèvres concentre près de 98 % des abattages régionaux.
Le poids total des chevreaux abattus sur l’année est en très légère baisse (– 0,7 %) par rapport à 2024, alors que le nombre diminue plus fortement (−2,6 %), indiquant une tendance à l’engraissement comme pour les ovins.
Le prix des chevreaux, légèrement supérieur à celui de 2024, suit globalement la même tendance que les années précédentes. Après un bref sursaut à 3,78 €/kg vif autour des fêtes de Pâques, le prix se stabilise à partir du mois de mai. La hausse saisonnière entamée mi-novembre atteint un pic en décembre lié aux fêtes de fin d’année autour de 4,82 €/kg vif, soit 5,9 % au-dessus de la valeur de décembre 2024 et de la moyenne triennale 2022-23-24.
Graphique 22 : Abattages caprins en Nouvelle-Aquitaine
Graphique 23 : Cotation chevreau
Évolution des abattages en Nouvelle-Aquitaine en 2025
Tableau 4 : Activité des abattoirs en Nouvelle-Aquitaine
Note de lecture : De janvier à décembre 2025, 123 038 vaches allaitantes ont été abattues dans les abattoirs de Nouvelle-Aquitaine, représentant 54 557 tonnes équivalent carcasse (tec). Ces nombres sont supérieurs de 0,5 % en têtes et de 1,7 % en tec à ceux de la même période en 2024.
Les données des figures
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