Etudes n°61 - RICA - Nouveau recul des résultats économiques des exploitations agricoles de Nouvelle-Aquitaine

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Agreste Nouvelle-Aquitaine • Études n°61 • Mai 2026


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Données


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En 2024, l’excédent brut d’exploitation (EBE) des exploitations agricoles, toutes orientations technico-économiques (OTEX) confondues, continue de se dégrader, après avoir déjà subi une forte baisse en 2023. L’EBE moyen par équivalent temps plein (ETP) non salarié est de 42 100 € soit un recul de 24 % par rapport à 2023. Le repli des résultats concerne la quasi-totalité des filières, mais les exploitations viticoles et céréalières sont particulièrement touchées au point d’afficher des soldes disponibles négatifs. L’endettement des exploitations s’accentue toutes OTEX confondues.

Baisse des résultats économiques pour la seconde année consécutive

En 2024, la production moyenne de l’exercice des exploitations agricoles de Nouvelle-Aquitaine s’élève à 199 990 euros soit une baisse de 13 % par rapport à 2023. Cette chute de la production est moins forte au niveau national (– 5 %), mais elle aggrave une tendance déjà constatée en 2023 au niveau régional comme au niveau national. Les mauvaises conditions climatiques tout au long de la campagne expliquent cette diminution de la production.

Le montant global des charges baisse nettement (– 5,5 %), mais reste toujours élevé avec 224 400 euros. Les charges d’approvisionnement, qui représentent plus d’un tiers du total des charges, diminuent de plus de 11 %, en particulier les dépenses d’engrais et d’amendements avec – 30 %. Elles reculent également pour l’alimentation animale (– 8 %) et les produits phytosanitaires (– 4 %).

L’excédent brut d’exploitation (EBE) des exploitations agricoles régionales — toutes orientations de production confondues — se situe en moyenne à 42 100 euros par équivalent temps plein (ETP) non salarié (tableau 1). Il se calcule à partir de la valeur ajoutée en tenant compte, entre autres, des subventions d’exploitation et des charges de personnel. Il ne s’agit que d’une ressource potentielle de trésorerie, car elle n’est susceptible de se transformer en disponibilités qu’au terme d’un processus plus ou moins long. L’EBE par ETP recule de 24 % (figure 1) après avoir déjà subi une baisse de 31 % en 2023 pour atteindre son niveau le plus bas depuis 2017. L’écart continue de se creuser avec l’EBE par ETP national (62 150 euros). Ce dernier recule seulement de 9 %.

Le résultat courant avant impôts (RCAI) se calcule à partir de l’EBE en tenant compte notamment des charges financières et des amortissements. Il mesure la performance économique de l’exploitation et constitue une base pour l’élaboration de l’assiette des prélèvements fiscaux et sociaux de l’exploitant. En 2024, le RCAI moyen par ETP est de 13 480 euros. Il diminue de moitié, alors que l’année précédente il avait déjà baissé de 49 %.

Figure 1 – La région plus fortement touchée par la baisse des résultats
Évolution de l’EBE par ETP non salarié

Source : Agreste – RICA

Tableau 1 – Une amélioration pour les élevages de bovins lait
Principaux indicateurs et évolutions en euros constants

Orientation technico-économique Nombre d’exploitations (échantillon) Nombre d’exploitations (univers) EBE moyen par ETP NS 2024 (euros) Évolution 2024/2023 (%) RCAI moyen par ETP NS 2024 (euros) Évolution 2024/2023 (%)
Céréales, oléagineux et protéagineux787 95921 633– 30,4– 2 316– 133,3
Maraîchage et horticulture701 94455 687+ 3,832 819+ 9,7
Viticulture AOP et IGP1735 60020 283– 37,4– 10 643ns
Viticulture Cognac1023 72074 230– 56,719 050– 83,9
Fruits et autres cultures permanentes381 99049 818+ 4,521 763+ 3,4
Bovins lait571 28867 051+ 13,735 075+ 15,7
Bovins viande1708 06744 407– 7,821 617– 16,4
Ovins772 66230 471+ 0,211 717– 5,1
Caprins371 08861 310+ 6,928 461+ 24,8
Volailles891 93358 264– 4,824 520– 11,2
Polyculture – polyélevage1085 61634 980– 24,08 181– 54,2
Ensemble Nouvelle-Aquitaine1 08844 62842 127– 23,613 485– 49,9
Ensemble France métropolitaine6 974282 18262 153– 9,429 397– 20,1
Source : Agreste – RICA
Nota bene : Les effectifs des OTEX Autres grandes cultures et Porcins ne sont pas suffisants (moins de 20 fiches RICA) en Nouvelle-Aquitaine en 2024 et/ou en 2023 pour être représentatifs. En revanche, les effectifs en OTEX viticulture sont assez nombreux pour différencier les exploitations vinicoles spécialisées AOP/IGP et les autres (essentiellement du Cognac). De même, il est possible au niveau Nouvelle-Aquitaine de distinguer les élevages ovins des élevages caprins.

Des résultats historiquement bas pour les exploitations spécialisées en céréales et oléaprotéagineux

Avec une baisse de 30 %, l’EBE par ETP des exploitations spécialisées en céréales, oléagineux et protéagineux (COP) continue de chuter pour s’établir à 21 600 euros (figure 2). Le recul est moins net que l’année précédente (– 55 % entre 2022 et 2023), mais la valeur est proche de celle de 2016, année noire pour les COP. La campagne est marquée par de très nombreuses intempéries responsables de multiples crues et inondations sur plus de la moitié des départements de la région. Ces mauvaises conditions climatiques entraînent une baisse des surfaces régionales. Cette réduction des surfaces et les mauvais rendements sont à l’origine de la forte baisse de la production (– 21 %). Le RCAI par ETP non salarié moyen régional est négatif (– 2 300 euros) et presque 64 % des exploitations céréalières affichent un RCAI négatif en 2024.

Les pluies abondantes pénalisent la plupart des cultures fruitières. La production de l’exercice régresse de 8,5 %, mais elle est compensée par la nette progression des indemnités d’assurance. L’EBE reste ainsi quasi stable. L’EBE par effectif non salarié (49 800 euros) affiche même une légère augmentation (+ 4,5 %) ainsi que le RCAI par ETP non salarié (+ 3 %). Toutefois une exploitation sur quatre dégage un RCAI négatif.

Malgré ces conditions climatiques défavorables, les exploitations spécialisées en maraîchage/horticulture affichent une légère hausse de la production de l’exercice (+ 2 %), tandis que le total des charges reste stable. L’EBE par ETP augmente de 4 % et le RCAI par ETP de 9,7 % (32 800 euros). Seulement 7 % des exploitations spécialisées en maraîchage/horticulture présentent un RCAI négatif.

Figure 2 – Évolution de 2018 à 2024 en productions végétales
Évolution par orientation productive de l’EBE par ETP non salarié

Source : Agreste – RICA
Champ : Champ complet

Aggravation des résultats des exploitations viticoles

La récolte de raisin dans le bassin de Cognac est aussi pénalisée par les aléas climatiques (excès d’eau, périodes de sécheresse, épisodes de grêle). Elle s’avère moins abondante que la récolte 2023, mais suffisante étant donné le contexte géopolitique et économique. La production de l’exercice recule de 31 %. L’EBE par ETP diminue de 57 % soit avec 74 200 euros, la valeur la plus faible des dix dernières années (figure 3). Le RCAI par ETP non salarié chute de 84 % pour s’établir à 19 000 euros.

En Gironde, le recul des surfaces accentue encore la baisse des volumes récoltés. La production de l’exercice diminue de 12 %. A cela s’ajoute une crise conjoncturelle (baisse du pouvoir d’achat des ménages, marché chinois en baisse, guerre en Ukraine…) et une baisse de la consommation des vins rouges. L’EBE par ETP non salarié est de 20 300 € (– 37 %) (figure 3). Le RCAI par ETP, déjà négatif en 2023, continue à s’enfoncer passant de – 2 400 euros à – 10 600 euros en 2024. La moitié des exploitations viticoles AOP/IGP présentent un RCAI négatif.

Figure 3 – Évolution de 2018 à 2024 en viticulture
Évolution par orientation productive de l’EBE par ETP non salarié

Source : Agreste – RICA
Champ : Champ complet

Légère reprise dans les élevages sauf pour les bovins viande et les volailles

Malgré la décapitalisation du cheptel, la baisse de la production de l’exercice des exploitations spécialisées en bovin lait se limite à 2 %, grâce à une amélioration du prix du lait payé aux producteurs. Les charges diminuent de presque 5 %. La pluie abondante, couplée à des températures supérieures aux normales saisonnières, favorise la production de fourrage. Les dépenses d’aliment pour bétail, qui représentent plus de la moitié des charges d’approvisionnement, diminuent de 6 %. L’EBE par ETP augmente de presque 14 % (figure 4), alors qu’au niveau national, la progression est seulement de 7 %. Toutefois la valeur régionale (67 100 euros) reste bien inférieure à l’EBE par ETP de france métropolitaine (88 700 euros). Le RCAI par ETP progresse de 16 % et 11 % des élevages de bovins lait affichent un RCAI négatif en 2024.

La région subit le retour de la maladie hémorragique épizootique (MHE) et fièvre catarrhale ovine (FCO), qui génèrent des pertes et limitent la possibilité de commercialisation. De plus, les animaux qui ont été touchés et qui ont survécu deviennent moins productifs. La reproduction pose aussi problème (pertes de fertilité, avortements). La production de l’exercice des exploitations spécialisées en bovins viande diminue de 4 % en Nouvelle-Aquitaine, alors qu’au niveau national celle-ci est légèrement en hausse (+ 2,5 %). L’EBE par ETP est de 44 400 euros soit une baisse de 8 %. Le RCAI par ETP chute de 16 % (21 600 euros). Près de 21 % des élevages spécialisés en bovins viande se retrouvent avec un RCAI négatif.

Figure 4 – Évolution de 2018 à 2024 en élevages bovins
Évolution par orientation productive de l’EBE par ETP non salarié

Source : Agreste – RICA
Champ : Champ complet

La production des exploitations spécialisées en élevage ovin diminue légèrement (– 1,5 %) mais les charges baissent dans les mêmes proportions (– 1,5 %). Comme les autres exploitations herbivores, les élevages ovins bénéficient des conditions de pâturage favorables. Les charges d’aliments pour bétails baissent de 12 %. L’EBE par ETP non salarié se stabilise mais le RCAI par ETP baisse de 5 %. Enfin 21 % des exploitations ovines spécialisées ont un RCAI négatif.

La tendance déjà constatée en 2023 continue avec un repli de la production de lait de chèvres en volume et une hausse du prix du lait payé au producteur. La production de l’exercice diminue seulement de 2 %, tandis que le total des charges affiche aussi une légère baisse (2 %). Les charges d’aliments du bétail, qui représentent plus des deux tiers des charges d’approvisionnement dans ces élevages, souvent en bâtiment, diminuent de 11 %. L’EBE par ETP des exploitations spécialisées en élevage caprins progresse de 7 % et le RCAI par ETP de 25 %. Seulement 14 % des exploitations caprines spécialisées ont un RCAI négatif.

La reprise de la production de volailles amorcée en 2023 se confirme. Malgré quelques foyers de contamination déclarés en région Nouvelle-Aquitaine, les mesures de prévention et de prophylaxie portent leurs fruits. La production de l’exercice des élevages de volailles se redresse (+ 2 %). Les aides liées à la grippe aviaire baissent nettement. Toutes subventions d’exploitations confondues, le montant baisse de 47 %. L’EBE par ETP non salarié recule de 5 % pour atteindre 58 300 euros, soit un niveau proche de 2019, avant la diffusion de la grippe aviaire dans le Sud-Ouest (figure 5). Le RCAI baisse de 11 % (24 500 euros) et 22 % des élevages d’aviculteurs affichent un RCAI négatif.

Figure 5 – Évolution de 2018 à 2024 élevages ovins, caprins et volailles
Évolution par orientation productive de l’EBE par ETP non salarié

Source : Agreste – RICA
Champ : Champ complet

De fortes disparités des résultats suivant l’orientation de production

L’analyse des résultats toutes OTEX confondues, présente en 2024 un EBE par ETP non salarié de la moitié des exploitants (la médiane) inférieur à 33 000 euros (34 900 euros en 2023). De plus, 25 % des exploitations présentent un EBE par ETP non salarié inférieur à 10 800 euros (premier quartile), soit un niveau inférieur à celui de 2023, 15 400 euros. A l’inverse, 25 % des exploitations présentent un EBE par ETP non salarié supérieur à 55 800 euros (troisième quartile). Il était de 65 000 euros en 2023 (figure 6).

En 2024 pour la première fois, le premier quartile de l’EBE par ETP non salarié est négatif pour trois filières : les exploitations spécialisées en Cognac avec un EBE par ETP non salarié inférieur à – 1 700 euros, celles spécialisées en COP avec – 7 000 euros et celles spécialisées en viticulture AOP/IGP avec – 13 400 euros. Pour 10 % de ces exploitations productrices de vin de qualité, soit le premier décile, l’EBE par actif non salarié est même bien en deçà : – 47 000 euros. Quant aux producteurs de Cognac, l’intervalle interquartile s’est réduit de moitié comme souvent en période de crise.

Figure 6 – Un quart des exploitations viticoles et céréalières avec un EBE par ETP non salarié négatif
Dispersion des l’EBE par ETP non salarié par OTEX

Source : Agreste – RICA
Note de lecture : l’EBE par ETP non salarié des exploitations spécialisées en COP est en moyenne de 21 600 euros. La moitié de ces exploitations en COP présentent un EBE par ETP non salarié inférieur à 13 900 euros (médiane). Pour 25 % d’entre elles cet EBE par ETP non salarié est inférieur à – 7 000 euros (premier quartile) et pour 25 %, supérieur à 39 000 euros (troisième quartile).

Moins d’indemnisation en 2024

En 2024, le montant moyen de subventions s’établit à 35 300 euros par bénéficiaire (tableau 2), soit une valeur proche de la valeur constatée en 2023 (37 400 euros). Toutefois, les situations sont contrastées suivant les filières. Ainsi, les aides des exploitations spécialisées en élevage de volailles diminuent de moitié. Cela s’explique par la réduction des indemnisations liées à la grippe aviaire, du fait de l’amélioration de la situation sanitaire grâce notamment à des mesures de vaccination. La baisse des subventions en viticulture AOP/IGP (– 13 %) est consécutive à la diminution des indemnisations liées aux épisodes de gel (montants dus au titre des campagnes 2021 à 2023).

Tableau 2 – Réduction des aides de crises
Principales caractéristiques des subventions versées aux exploitations agricoles bénéficiaires, en euros 2024

Orientation technico-économique Part des bénéficiaires (%) Par bénéficiaire d’au moins une subvention Évolution en euros constants du montant total versé
Montant moyen 2024 (€) Dont 1er pilier Dont 2e pilier Dont autres aides Évolution 24/23 (%) 1er pilier évol. 24/23 (%) 2e pilier évol. 24/23 (%) Autres aides évol. 24/23 (%)
Bovins viande10052 36736 43713 8402 090– 3,7– 2,5– 0,7– 30,8
Bovins lait10045 88531 59810 8063 482– 4,8– 4,1– 12,7+ 21,2
Ovins10039 28124 18512 8302 266– 4,8– 7,2– 4,1+ 22,7
Polyculture, polyélevage, autres10036 12626 3206 9262 880– 8,4– 2,7– 11,0– 37,1
Toutes OTEX9535 31023 7798 0293 503– 0,10,00,0– 0,3
Fruits9234 19420 4355 3698 391– 3,7– 1,8+ 2,1– 11,1
COP9933 66126 6025 4571 602+ 2,0– 0,6+ 5,7+ 47,4
Caprins10032 71325 0636 769881– 2,6+ 1,4+ 4,9– 69,9
Volailles8922 14913 7074 3014 141– 47,5+ 0,5– 55,1– 85,0
Viticulture AOP9119 1265 5624 5978 967– 13,1– 0,3– 20,2– 16,3
Maraîchage-Horticulture7318 5579 6101 3057 642– 10,1– 9,6+ 27,4– 15,5
Viticulture Cognac8915 57711 3123 298968+ 15,6+ 10,1+ 19,0+ 117,2
Source : Agreste – RICA
Les subventions d’exploitation sont enregistrées ici au titre de la campagne en cours (Méthodologie).
(1) (2) Le premier pilier de la PAC regroupe les aides découplées et couplées, tandis que le second pilier correspond aux dispositifs relevant du développement rural. La catégorie « Autres aides » comporte notamment les aides de crise, les indemnités au titre des calamités agricoles et les autres aides publiques nationales.

Nouveau repli du solde disponible

Le solde disponible par actif non salarié, obtenu en retranchant de l’EBE les annuités d’emprunts (capital et intérêts dus) à moyen et long terme et les cotisations sociales de l’exploitant, atteint en 2024 une moyenne de 11 800 euros, soit une diminution de plus de la moitié sur un an (figure 7). Il s’agit de la seconde année consécutive de baisse, après un recul déjà de moitié entre 2022 et 2023 (51 100 euros à 24 500 euros).

Ce solde varie fortement en fonction de la situation conjoncturelle. Ainsi, déjà en difficulté en 2023, les exploitations viticoles AOP/IGP et celles spécialisées en COP affichent de nouveau un solde disponible négatif. Quant aux exploitations productrices de Cognac, touchées par la guerre commerciale sur les taxes douanières, elles se retrouvent, à leur tour en 2024, avec un EBE insuffisant pour dégager des ressources.

Figure 7 – Un solde disponible négatif chez les viticulteurs et les céréaliers
Solde disponible par ETP non salarié en 2024 par OTEX

Source : Agreste – RICA

Dégradation de l’endettement

Les indicateurs d’endettement des exploitations agricoles poursuivent la hausse entamée l’an passé. Le taux d’endettement (rapport des dettes sur le total de l’actif) passe de 37 % à 39 %. Avec la chute globale des résultats agricoles en 2024, le poids de l’endettement dans l’EBE s’accroît. Ce ratio est le rapport de la charge de la dette, calculée par la somme du remboursement des emprunts à long ou moyen terme et des charges financières, sur l’excédent brut d’exploitation. Entre 2023 et 2024, il s’alourdit passant de 34 % à 58 %, toutes orientations productives confondues.

Définitions

Le principal indicateur économique commenté ici est l’excédent brut d’exploitation (EBE) par ETP non salarié. Ce résultat ajoute à la valeur de la production de l’année (vendue ou stockée), les subventions, mais retire les consommations intermédiaires et toutes les autres charges courantes (salaires, impôts fonciers, fermages…). Le résultat courant avant impôts (RCAI) se déduit de l’EBE après prise en compte des amortissements (qui ne sont pas décaissables) et des charges financières. Un solde disponible est calculé en déduisant de l’EBE les annuités d’emprunts à moyen et long terme et les cotisations sociales de l’exploitant. La valeur ajoutée correspond à la différence entre la production de l’exercice nette des achats d’animaux et les consommations intermédiaires.

La production brute de l’exercice regroupe les productions vendues, intraconsommées, stockées, immobilisées, auxquelles on ajoute les rabais/ristournes, les pensions d’animaux perçues, les travaux à façon réalisés, les commissions et courtages, les locations de surfaces fourragères et de terres prêtes à semer, les autres locations, les prestations de service, les revenus de l’agrotourisme, les autres produits annexes, les remboursements forfaitaires de TVA, les indemnités d’assurance, les subventions d’exploitation, les autres produits de gestion courante, les produits financiers et les transferts de charges.

Ne sont enregistrés dans le RICA que les montants d’aides perçus et ceux considérés comme certains dans leur principe et déterminés dans leur valeur. Ces subventions sont essentiellement celles dues au titre de la campagne concernée, mais elles peuvent aussi parfois se rapporter à une campagne antérieure.

Les évolutions 2023-2024 sont, sauf mention contraire, calculées sur échantillons constants (c’est-à-dire à partir de l’échantillon des exploitations présentes à la fois dans l’échantillon du RICA 2023 et dans celui du RICA 2024, repondéré pour représenter le champ couvert par le RICA) et exprimées en valeurs réelles (c’est-à-dire corrigées de l’inflation). Les données 2023 ont ainsi été valorisées en euros 2024 à l’aide de l’indice des prix du produit intérieur brut (source Insee).

Une partie des allègements de charges était parfois enregistrée en subventions hors PAC dans le RICA jusqu’à présent, alors qu’ils sont bien tous comptabilisés, à partir du RICA 2024, en déduction des charges auxquelles ils se rapportent conformément aux règles comptables. Au niveau national, ce changement conduit à accentuer la diminution des aides hors PAC entre 2023 et 2024, à hauteur d’environ 4 points sur les près de 20 % de baisse observée.

Méthodologie

Les résultats économiques, présentés pour 2024, sont établis à partir des données techniques et comptables collectées chaque année sur un échantillon d’exploitations agricoles dans le cadre du Réseau d’Information Comptable Agricole (RICA) européen dont le volet français est piloté par le Service de la Statistique et de la Prospective (SSP) du ministère chargé de l’agriculture. En 2024, cet échantillon compte 1 088 exploitations en Nouvelle-Aquitaine et 6 974 en France métropolitaine. Ils représentent respectivement 44 628 et 282 182 exploitations.

Pour en savoir plus

• « Des résultats économiques agricoles en retrait en 2024 pour la seconde année consécutive » — Agreste Primeur n° 2025-6 — décembre 2025
https://agreste.agriculture.gouv.fr/agreste-web/disaron/Pri2506/detail/

• « Rapports présentés à la Commission des comptes de l’agriculture de la Nation — Session du 16 décembre 2025 » — Agreste Les dossiers n° 2025-3 — décembre 2025
https://agreste.agriculture.gouv.fr/agreste-web/disaron/Dos2503/detail/

• « Résultats économiques 2024 des exploitations agricoles » — Agreste Essentiel Nouvelle-Aquitaine n°79 — 2026
https://DRAAF.nouvelle-aquitaine.agriculture.gouv.fr/essentiel-no79-resultats-economiques-2024-des-exploitations-agricoles-a4253.html

• Données détaillées sur Agreste
https://agreste.agriculture.gouv.fr/agreste-web/disaron/Chd2601/detail/


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