L’Art et le Vivant au cœur des territoires : retour sur la visite d’Emmanuel Ethis au Lycée de Bourcefranc
Une journée dédiée à l’éducation artistique et culturelle à Bourcefranc-le-Chapus
Le jeudi 12 mars 2026, le Lycée de la Mer et du Littoral de Bourcefranc-le-Chapus est devenu l’épicentre d’une réflexion sur l’éducation artistique et culturelle (EAC) en milieu agricole. avec la visite d’Emmanuel Ethis, délégué interministériel à l’EAC, et Virginie Alavoine, Directrice de la DRAAF Nouvelle-Aquitaine, accueillis par Bruno Garcia, chef d’établissement, accompagné de ses équipes. Ils ont parcouru les couloirs et bassins de cet établissement singulier.
L’Éducation Socio-Culturelle (ESC) : la singularité de l’Enseignement Agricole
Au sein de l’enseignement agricole, l’Éducation Socio-Culturelle (ESC) ne se limite pas à une discipline ; elle est une "composante singulière" qui définit l’identité pédagogique de ces établissements. En mêlant méthodes actives et connaissance sensible du territoire, l’ESC permet aux futurs acteurs du monde rural de s’intégrer dans leur époque.
L’ESC intervient sur l’environnement social et culturel, l’éducation artistique et la communication humaine. Elle transforme le hall aquacole ou l’exploitation ostréicole en espaces de réflexion sociologique et esthétique.
La pluridisciplinarité comme identité : la force du modèle réside dans le travail collectif. Ici, l’enseignant d’ESC collabore étroitement avec ses collègues d’histoire-géographie et de documentation. Ensemble, ils permettent aux élèves de décrypter les dynamiques territoriales.
Les trois piliers de l’EAC mis en lumière par le programme de la visite
La déambulation a suivi la structure même du parcours d’EAC, offrant une démonstration vivante des trois piliers fondamentaux : fréquenter, pratiquer et s’approprier.
- Fréquenter (Rencontres) :
** La matinée a débuté par une immersion dans la coopération internationale. Les échanges avec les jeunes en service civique béninois, l’assistant linguistique américain et les participants aux dispositifs Erasmus+ ont souligné l’ouverture du lycée sur le monde.
** Une "rencontre café" au foyer, animée par l’ALESA (Association des Lycéens, Étudiants, Stagiaires et Apprentis), a permis de valoriser l’engagement des élèves dans le club musique et l’option théâtre.
** Un temps d’échange a réuni les acteurs culturels locaux autour des rencontres littéraires et de la bande dessinée, illustrant la porosité entre le lycée et la cité.
- Pratiquer (Pratiques) :
** Le geste artistique s’est invité dans l’atelier céramique, où la délégation a assisté à l’allumage du four pour la cuisson d’œuvres nées d’une collaboration entre les élèves et un artiste professionnel.
** Le geste professionnel a été sublimé lors d’une dégustation d’huîtres . Ici, la culture valorise la précision technique et la fierté du métier.
- S’approprier (Connaissances) :
** La visite du hall aquacole a permis de lier les projets artistiques à la technicité du milieu maritime.
** Le décryptage des enjeux de la COP30 a offert aux élèves les clés de compréhension nécessaires pour appréhender les mutations climatiques et leur futur rôle de gestionnaires du vivant.
L’approche défendue ici est celle de la territorialité : "le beau est à proximité". En redonnant une valeur esthétique et sensible au patrimoine local — l’ostréiculture, les marais salants, les paysages maritimes — l’établissement permet aux élèves de se réapproprier leur environnement. C’est en devenant fiers de leur terroir qu’ils deviennent des citoyens capables d’agir sur le monde.
Les élèves deviennent des observateurs actifs de leur propre milieu. Qu’il s’agisse de gérer la boutique "Lycéo" ou de valoriser les produits de l’exploitation ostréicole, ils apprennent à considérer la nature comme un "bien commun".
Les photos de la visite :
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