Météo 🌤️- Bilan annuel 2025 au 1er février 2026

La pluviométrie en 2025 apparaît très contrastée selon les territoires et les périodes, alternant déficits marqués, épisodes orageux localisés et passages perturbés intenses à l’automne. L’année s’inscrit dans un contexte national exceptionnellement chaud, se classant parmi les plus chaudes jamais mesurées en France. Sur la Nouvelle-Aquitaine, cela se traduit par de nombreuses vagues de chaleur, parfois caniculaires, et des températures mensuelles au-dessus des normales onze mois sur douze. Le bilan hydrologique est quant à lui contrasté : à une recharge hivernale abondante succède une tendance baissière précoce au printemps.

Carte 1 : Données départementales de l’année 2025

Source : Météo France

Tableau 1 : Cumul et écart par rapport à la normale 1991-2020

Source : Météo France

Une année légèrement déficitaire mais une répartition inégale aussi bien temporelle que géographique

2025 se caractérise par une pluviométrie irrégulière, dominée par de longues périodes sèches ponctuées d’épisodes pluvieux plus ou moins longs, parfois intenses, accentuant les contrastes hydrologiques au sein de la région. Le bilan pluviométrique est globalement déficitaire avec - 8 % par rapport aux normales pour l’ensemble du territoire. Néanmoins, les variations sont grandes au niveau des stations : de - 24 % à Niort jusqu’à + 10 % à Poitiers.
Les perturbations se succèdent en janvier, malgré une accalmie en milieu de mois. La moitié nord de la région est la plus impactée avec des cumuls de pluie dépassant le double des valeurs habituelles. En février la situation devient plus hétérogène encore : elle est déficitaire sur l’ex-Limousin et l’ex-Aquitaine et toujours excédentaire sur plusieurs secteurs de l’ex-Poitou-Charentes sous l’effet de grosses perturbations en seconde semaine.
Mars s’avère globalement sec, avec des déficits atteignant - 61 % à La Rochelle (Charente-Maritime). La partie méridionale de la région est cependant moins impactée avec seulement - 10 %. Avril, en revanche, concentre l’essentiel de ses précipitations sur quelques jours. Entre le 19 et le 20, un épisode actif apporte localement l’équivalent d’un mois de pluie, de la Charente-Maritime à la Corrèze. Malgré cela, certains territoires, comme les Deux-Sèvres ou l’est de l’ex-Limousin, restent légèrement déficitaires. Mai accentue les contrastes. Alors que Niort enregistre un déficit spectaculaire de - 72 %, Agen affiche un excédent de + 114 %. Les orages, principalement concentrés sur la moitié sud, expliquent ces disparités marquées.
Juin constitue le mois le plus sec depuis 2004 à l’échelle régionale. Les précipitations, rares et souvent orageuses, restent très localisées. La majorité du territoire affiche des déficits pouvant atteindre - 85 %, aggravant la sécheresse superficielle dans plusieurs départements. La première quinzaine de juillet poursuit cette tendance. Le reste du mois est, en revanche, plus arrosé, notamment sur les deux départements septentrionaux. Les déficits restent cependant importants. Si le mois d’août débute sur une sécheresse généralisée, des orages généralisés et plusieurs dépressions en seconde partie de mois rééquilibrent la situation pour cette fin d’été. Certaines stations enregistrent même des excédents importants, comme Poitiers avec +101 %.
L’automne s’ouvre sur un mois de septembre à la pluviométrie plus régulière. Toutefois, les quatre départements méridionaux demeurent déficitaires de 10 à 20 %, tandis que le nord présente localement jusqu’à 60 % d’excédent.
Octobre est marqué par des passages perturbés successifs avec en point culminant la tempête Benjamin le 23. Les cumuls pluviométriques sont significatifs surtout sur la moitié nord. La saison s’achève en novembre par une alternance de faibles précipitations en première quinzaine et d’épisodes plus arrosé, notamment autour du 23. Les excédents sont notables en Corrèze et en Creuse alors que les extrémités nord et sud de la région sont en déficit.
Enfin, décembre reste globalement sec. Hormis pour le département des Landes, proches des normales, le reste de la région présente des déficits pouvant atteindre 70 %.

Graphique 1 : Pluviométrie mensuelle 2025

Source : Météo France - moyenne 12 stations Nouvelle-Aquitaine

Graphique 2 : Pluviométrie cumulée 2025

Source : Météo France - moyenne 12 stations Nouvelle-Aquitaine

Cartes : Rapport entre la hauteur de précipitations de l’année 2025 et la moyenne mensuelle de référence (1991-2020)

Une année chaude marquée par de nombreux épisodes de températures anormalement élevées

Globalement, 2025 s’inscrit comme une année très chaude, marquée par la précocité, l’intensité et la répétition des épisodes estivaux extrêmes. De + 0,9 °C à Guéret à + 1,6 °C à Brive, toutes les stations météorologiques de Nouvelle- Aquitaine affichent des écarts positifs. La moyenne régionale en 2025 est de 14,7 °C, soit 1,2 °C au-dessus des valeurs de référence.
L’année débute avec quelques gelées matinales sur l’ensemble du territoire, plus intense encore sur la partie limousine. Les maximales en journée équilibre néanmoins les moyennes qui s’établissent légèrement au-dessus des normales. Si le début de février présente toujours des gelées matinales fréquentes, la douceur s’impose progressivement. Les maximales gagnent plusieurs degrés lors des phases anticycloniques et, sur l’ensemble du mois, les écarts sont nettement positifs dans tous les départements.
Le début du printemps météorologique confirme cette tendance douce, bien que contrastée. Les amplitudes thermiques sont parfois remarquables, dépassant 20 °C entre le matin et l’après-midi. Des gelées sévères sont encore observées, notamment - 7,7 °C à La Courtine (Creuse) le 17, mais la fin de mois de mars devient printanière, avec près de 25 °C relevés dans le sud régional. En avril, la douceur s’accentue nettement. Les maximales dépassent fréquemment les 20 °C dès la première décade et une véritable séquence estivale clôt le mois, avec 29 °C observés aussi bien dans le nord que sur la côte basque. Mai poursuit sur cette dynamique, culminant le 30 avec un pic de chaleur remarquable : 37 °C à Bégaar (Landes), accompagnés de nombreux records mensuels.
L’été météorologique s’ouvre sur le mois de juin le plus chaud jamais enregistré à l’échelle régionale. Après un début de période pourtant modéré, une montée en puissance conduit à un épisode caniculaire intense en fin de mois. Le 30, les 40 °C sont atteints ou dépassés localement, comme à La Couronne (Charente) avec 40,2 °C. Le dôme de chaleur se maintient lors des premiers jours de juillet. Malgré quelques pics, le mercure descend progressivement de 20 °C en 15 jours sous l’effet de flux océanique du nord-ouest. Début Août la température remonte jusqu’à une séquence exceptionnelle. Entre le 11 et le 18, une canicule généralisée fait franchir les 40 °C sur une grande partie du territoire, avec un record absolu à 42,3 °C à Angoulême (Charente).
La rupture intervient en septembre, seul mois de l’année présentant une moyenne inférieure aux normales. Après une première quinzaine pourtant chaude, une forte baisse s’installe peu avant l’équinoxe, apportant fraîcheur et précocité automnale. Sous un ciel souvent clair, les températures nocturnes restent froides en octobre, mais les maximales quotidiennes remontent.Les premières gelées sont observées dans l’ex-Limousin. Si la première quinzaine de novembre est très chaude pour la saison (+ 9 °C), l’automne météorologique s’achève dans un air glacial sous un flux de nord. Les gelées se généralisent sur tout le territoire et le mercure reste toute la journée sous les moyennes trentenaires.
Suivant la tendance précédente, décembre prolonge cette variabilité. Une douceur exceptionnelle domine jusqu’à la troisième décade, puis le froid s’impose en fin d’année. La neige s’invite même sur une large partie du territoire à Noël.

Graphique 3 : Température mensuelle

Source : Météo France - moyenne 12 stations Nouvelle-Aquitaine

Cartes : Rapport entre la température moyenne de l’année 2025 et la moyenne mensuelle de référence (1991-2010)

(1) Hiver météorologique : décembre, janvier et février
(2) Printemps météorologique : mars, avril et mai
(3) Été météorologique : juin, juillet et août
(4) Automne météorologique : septembre, octobre et novembre

Bilan hydrologique 2025 : une année contrastée entre recharge hivernale favorable et stress estival précoce

La période de recharge des nappes s’achève au cours d’un mois de février marqué par de faibles précipitations. Néanmoins, la pluviométrie hivernale, proche des normales, a permis d’atteindre un niveau élevé sur l’ensemble des nappes de la région. Toutes les nappes de Nouvelle-Aquitaine présentent ainsi des situations supérieures aux moyennes saisonnières.
Avec la reprise de la végétation et une pluviométrie réduite, la période de vidange des nappes débute très tôt. Dès le mois de mars, la majorité des niveaux est en baisse. Cette tendance se poursuit en avril et en mai, bien qu’elle ne soit pas homogène sur le territoire. En effet, les niveaux demeurent supérieurs aux moyennes sur une grande partie de la région, grâce notamment à l’apport de précipitations satisfaisantes ainsi qu’à la fonte des neiges dans les Pyrénées-Atlantiques. Les nappes du bassin aquitain restent globalement au-dessus des moyennes, tandis que celles du nord puis de l’est de la région sont davantage affectées, avec des niveaux justes à l’équilibre.
La situation se dégrade nettement à partir de juin, particulièrement dans le nord et l’est où les niveaux sont déjà bas. Les rares pluies sont peu efficaces : elles profitent d’abord à la végétation. Les épisodes orageux, souvent violents, limitent l’infiltration de l’eau dans les sols. Les températures élevées accentuent l’évapotranspiration, réduisant encore les possibilités de recharge. Très tôt, des arrêtés de restriction d’eau sont alors mis en place. En juillet, les nappes du bassin aquitain atteignent à leur tour des niveaux comparables à ceux de l’ex-Limousin et du nord de la région. En août, le retour de pluies plus efficaces ne permet pas de recharger les nappes, mais réduit les besoins en prélèvement. Les niveaux se stabilisent donc, sauf dans l’ex-Limousin, où le déficit continue de s’accentuer. En septembre, les premiers signes d’une recharge précoce apparaissent, notamment dans les zones les plus touchées par la vidange estivale. Ailleurs, les niveaux sont stables ou légèrement en baisse. Dans l’ensemble, la situation reste satisfaisante par rapport aux normales saisonnières. La reprise de la recharge se confirme en octobre grâce à une pluviométrie excédentaire, permettant d’atteindre des niveaux modérément élevés sur une large partie nord et est du territoire. À partir de novembre, les niveaux de toutes les nappes sont en hausse et se situent au moins dans la moyenne, à l’exception des Pyrénées-Atlantiques.
L’année se termine par un mois de décembre faiblement arrosé, ce qui ralentit la recharge amorcée. L’état des nappes demeure néanmoins correct, avec des niveaux allant de modérément bas dans le sud de la région, à proches de la moyenne dans le bassin aquitain, et modérément hauts sur le reste du territoire.

Cartes : Niveaux des nappes d’eau souterraine

Cartes : Restrictions en eau superficielle

Les données des figures


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