Fruits et Légumes 🥬🥝🥕🌰🍏 - Bilan annuel 2025 au 1er février 2026
L’année 2025 a été marquée par des conditions climatiques extrêmes avec des épisodes orageux violents en mai et juin et un été très chaud et sec dont deux épisodes caniculaires. Les productions de fruits et légumes ont été impactées par ce climat. Des baisses de rendements ont été observées en pomme, prune d’ente et fraise de plein air ainsi que des baisses de calibres pour le kiwi.
Pomme
Une production en baisse et un marché calme
Au niveau national, la région Nouvelle- Aquitaine occupe le troisième rang avec 26 % de la surface et 16 % de la production, derrière Occitanie et Provence-Alpes-Côte-d’Azur.
Selon les estimations définies au 1er novembre 2025, la surface de pommes de table en Nouvelle- Aquitaine diminue de 3 % et la production régionale de 15 % comparées à 2024, toutes variétés confondues. Portée par l’ex-Limousin, la production de l’emblématique « Pomme du Limousin », cultivée en Golden, chute de 22 % sur un an, soit 58 000 tonnes contre 74 000 tonnes en 2024. Le groupe « Autres Pommes », principalement présent dans l’ex- Aquitaine, fléchit également de - 10 % sur une année, soit 57 500 tonnes contre 63 600 tonnes en 2024. Les conditions météorologiques et la pression parasitaire (puceron cendré, notamment dans les Deux-Sèvres) expliquent cette baisse de rendement et de production.
Graphique 1 : Pomme Golden France (cat I - cal 170-220 g - plt 1 rang)
Tableau 1 : Chiffres clés 2025 - Estimations au 01/11/2025
Concernant l e marché de s pommes, début septembre, la commercialisation se met en place, avec une demande peu dynamique. La Gala domine les étals, suivie de la Canada Grise. Les autres variétés (Golden, Granny, Reine des Reinettes) sont récoltées, mais la Golden, encore verte, est surtout exportée vers l’Angleterre. La qualité est correcte, bien que les fortes chaleurs estivales fassent craindre une dégradation après la sortie des chambres froides.
En octobre, l’offre s’élargit avec la Granny et la Golden, mais la demande reste prudente. Des promotions en grande distribution stimulent légèrement les ventes. Les variétés rustiques (Canada, Chantecler) apparaissent, mais la consommation reste faible, surtout pour les petits calibres.
Novembre confirme un marché calme, avec une demande atone malgré le retour des collectivités. Les promotions tentent d’écouler les stocks, mais la consommation est en retrait, affectée par le pouvoir d’achat en baisse.
Début décembre, les rechargements sont limités, et les promotions ne relancent pas les ventes. La demande se tourne vers des produits plus festifs en fin d’année. Le marché reste morose, marqué par des concessions de prix et un contexte économique dif ficile. L’activité est calme à l’approche des fêtes.
Kiwi
Une récolte en légère hausse mais des calibres réduits
Avec un peu plus de 2 000 ha, la région Nouvelle-Aquitaine représente la moitié des surfaces de kiwis français.
La récolte a eu lieu entre fin octobre et début novembre. Les volumes progressent d’environ 10 % sur un an mais les calibres des fruits sont globalement plus petits. La proportion de ces petits calibres serait de l’ordre de 15 à 20 % sur l’ensemble de la récolte. Ceci a conduit le BIK (Bureau Interprofessionnel du Kiwi) à déposer une demande de dérogation afin de pouvoir commercialiser cette production sur le marché national. La dérogation a été accordée par la DGCCRF pour les calibres compris entre 55g et 65g. Cette présence de petits calibres devient récurrente depuis quelques années, en cause, les effets du réchauffement climatique avec une pluviométrie plus importante et des hivers plus courts et moins rigoureux réduisant les périodes de repos végétatif nécessaires au verger. À ce phénomène s’ajoute celui du dépérissement et de l’asphyxie racinaire qui touche une partie du verger.
La commercialisation a débuté officiellement le 6 novembre avec une mise en place très progressive. Certains lots doivent mûrir et les kiwis néo-zélandais sont toujours présents. Quelques ventes se réalisent fin novembre, surtout auprès des grossistes.
La campagne de commercialisation du kiwi Hayward se poursuit progressivement début décembre avec la bascule entre l’origine néo-zélandaise et les kiwis français. La demande reste mesurée, avec des calibres médians davantage recherchés.
À l’approche de la fin de l’année, l’activité ralentit. Le commerce est traditionnellement très calme à cette période.
Les cours sont similaires légèrement inférieurs à ceux de l’année dernière.
Graphique 2 : Kiwi Hayward (cat I - cal 95-105 g = 30 fruits - COLIS)
Prune à pruneau
Une production en baisse
En Nouvelle -Aquitaine, les surfaces en production de prune d’ente progressent avec un peu plus de 9 100 hectares dont 20 % en Bio ou en conversion.
Cette année, des aléas climatiques à répétition ont impacté les vergers de prunes d’ente. La campagne a été marquée par des orages violents fin-mai et début juin, parfois accompagnés de grêle et deux épisodes de canicule, dont un au début du mois d’août qui a coïncidé avec le début de la récolte. Ces chaleurs extrêmes ont souvent entrainé la chute précoce de fruits avant la récolte. Par ailleurs, sur le plan sanitaire, on a relevé une pression accrue du carpocapse et des dégâts de chenilles foreuses.
En revanche, les prunes d’ente récoltées présentaient une belle qualité avec un poids dans la moyenne 2015-2024, présageant un calibre moyen des pruneaux et un taux de sucre supérieur à la moyenne de 2015-2024.
Au final, une récolte de prunes d’ente fraîches d’environ 67 000 tonnes en chute de presque 30 % par rapport à la précédente et qui devrait donner, après séchage une production autour de 24 500 tonnes de pruneaux, en net recul par rapport à celle de l’année 2024 déjà faible (30 500 tonnes).
Fraise
Une de campagne plus positive qu’en 2024 au niveau qualitatif
Au niveau national, la région Nouvelle- Aquitaine occupe le premier rang avec 26 % de la surface et 36 % de la production.
Selon les estimations définies au 1er septembre 2025, la production de fraises en Nouvelle-Aquitaine, concentrée essentiellement dans le Lot-et Garonne et la Dordogne, présente une stabilité pour les surfaces et un volume en légère baisse de 2 %.
En ex-Aquitaine, les fraises sous serre représentent 80 % de la surface régionale, soit 788 ha sur 968 ha au total, et 90 % des volumes, soit 23 469 tonnes sur 25 724 tonnes au total. Sur une année, cette production tire son épingle du jeu avec une production égale à celle de 2024. En revanche, les fraises plein air, bien que peu cultivées en ex-Aquitaine, sont plus impactées avec une baisse de 22 %.
Côté commerce la campagne de fraises débute en mars dans le Sud- Ouest, dans un contexte dynamique grâce à une organisation anticipée et une demande soutenue. La production progresse régulièrement, favorisée par des conditions météo globalement propices, contrairement à l’année précédente où les rendements avaient tardé à se développer.
Les volumes sont satisfaisants dès le début de la saison, répondant à une demande présente. L’activité est particulièrement soutenue pour Pâques, avec des volumes importants en avril et une bonne fluidité du marché malgré un épisode de « goutte froide » qui ralentit brièvement la production.
Après ce pic, la production ralentit en mai, marquée par un creux important : les variétés allongées déclinent, tandis que les rondes prennent le relais plus lentement et que les remontantes tardent à arriver. La demande se disperse avec l’arrivée des premiers fruits à noyaux.
En juin, la chaleur affecte les variétés longues remontantes, mais les rondes conservent un certain dynamisme malgré la concurrence accrue des autres fruits.
En 2026, une attention particulière sera portée sur l’importation des plants venus d’Italie, dont l’ex- Aquitaine, comme la France sont fortement dépendant. En 2025, beaucoup de ces plants étaient porteurs d’un champignon parasite, le pestalotiopsis, qui avait causé d’importants dégâts sanitaires.
Graphique 3 : Fraise standard Sud-Ouest (cat I, barq 500 g)
Tableau 2 : Chiffres clés 2025 - Estimations au 01/09/2025
Les données des figures
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