Grandes cultures 🌾 - Bilan annuel au 1er février 2026
La surface 2024-2025 de céréales, d’oléagineux et de protéagineux (COP), reprend quelques couleurs et progresse de + 1,4 % par rapport à la campagne passée. Malgré une récolte d’automne famélique, la très bonne collecte d’été, permet à la production régionale d’augmenter de 8,3 % et d’atteindre 8,6 millions de tonnes (M de t), niveau toutefois inférieur à la valeur moyenne de ces vingt dernières années, voisine de 10 M de t. Les cours des principaux grains n’ont cessé de reculer en 2025 sur les marchés physiques.
Une surface totale de céréales, oléagineux et protéagineux en légère progression
En retrait depuis 2022, la surface régionale de céréales, d’oléagineux et de protéagineux reprend quelques couleurs en 2025 et gagne 1,4 % par rapport à 2023-2024. Elle s’établit à 1,55 millions d’hectares (ha), ce qui, néanmoins, la positionne comme la 2de surface la plus faible depuis 2000. Cette petite hausse est due aux céréales et aux protéagineux dont les soles progressent respectivement de 6,3 % et 6,5%. A l’inverse, les surfaces d’oléagineux sont en retrait de 12,7 %.
Une nouvelle fois, les conditions climatiques très humides de début d’automne 2024 ont perturbé les premiers semis des céréales à paille. Un temps plus sec, début novembre, a permis de rattraper les retards et la quasi-totalité des céréales à paille d’automne prévues ont pu être mises en terre. Leur surface progresse de + 16,2 % par rapport à 2023-2024. Le blé tendre retrouve ainsi sa place de culture de COP dominante avec près de 442 694 ha.
En conséquence, la sole des principales céréales de printemps, maïs grain et sorgho est en recul.
La surface de maïs grain (404 202 ha) perd 1,6 % et celle du sorgho (13 845 ha), 51,8 % par rapport à la campagne passée.
Les mauvais résultats de 2023-2024, des principales espèces d’oléagineux, ont pesé sur les emblavements. La surface régionale de colza, 112 356 ha, recule de 12,6 %, celle de soja, 35 620 ha, de 8,2 % et celle de tournesol, 190 335 ha, de 12,8 %. Pour le tournesol, il s’agit de la plus faible surface enregistrée depuis 2000.
Pour la première fois depuis près de 30 ans, la féverole détrône le pois de la première place des surfaces de protéagineux. La sole de féverole progresse de + 39,4 % pour atteindre 17 420 ha alors que dans le même temps, le pois protéagineux, 16 343 ha, voit sa surface diminuer de 19,2 %.
La petite progression des surfaces de COP, aidée par une très bonne collecte d’été, permet à la production régionale d’augmenter de 8,3 % par rapport à la campagne passée pour atteindre 8,6 millions de tonnes. Cette valeur reste toutefois inférieure à la moyenne quinquennale de 8,8 M de t et inférieure au niveau moyen de ces vingt dernières années, de 10 M de t.
Tableau 1 : Estimation des cultures en place pour 2024-2025 - évolution par rapport à la campagne précédente
Une très bonne collecte d’été …
Malgré quelques difficultés de semis, les températures de novembre, puis de début décembre, plus douces que les normales, ont favorisé les levées, l’installation rapide et le bon développement d’une majorité des céréales à paille d’automne. Hormis en sols très hydromorphes, l’état des cultures en sortie d’hiver était, dans l’ensemble, satisfaisant. Le début du printemps est relativement sec mais la douceur et les pluies abondantes de fin avril ont permis de répondre aux besoins des cultures et d’installer de bons potentiels.
La fin de cycle est marquée par la rareté des précipitations, surtout dans le nord de la région, et par des températures supérieures aux normales de saison. La maturation des grains a été rapide, les moissons ont débuté tôt et leur avancée, rapide. Fin juin, 70 à 85 % des surfaces de céréales à paille étaient récoltées dans le nord de la région. Dans le sud, les travaux étaient un peu moins avancés, compliqués par les précipitations orageuses.
Les rendements moyens régionaux des principales céréales à paille sont, dans l’ensemble, plus que satisfaisants, supérieurs à la campagne passée et aux moyennes quinquennales.
Pour le blé tendre, le rendement moyen régional de 65 q/ha et la hausse des surfaces permettent à la production (2,9 M de t) de gagner 51,5 % par rapport à la campagne passée et de retrouver ainsi un niveau plus habituel. Le rendement moyen régional des orges d’hiver est très bon, 65 q/ha, bien supérieur à la moyenne 5 ans (55 q/ha). Comme pour les blés, la production régionale progresse fortement, + 48,7 %, et atteint 0,64 M de t (0,55 M de t en moyenne quinquennale).
Les rendements moyens régionaux, du triticale (49 q/ha), de l’orge de printemps (53 q/ha) et du blé dur (62 q/ha) sont, de même, bons. La production d’orge de printemps est la seule à reculer par rapport à 2023-2024, la baisse des surfaces n’étant pas compensée par le bon rendement. La production de triticale gagne, quant à elle, 73,1 % et atteint 301 000 t et celle du blé dur, 8,1 % et s’établit à 182 240 t.
Les indicateurs de la qualité des grains sont, pour la majeure partie d’entre eux, satisfaisants voire bons.
Les conditions climatiques de fin de cycle, lors du remplissage des grains, ont été favorables aux poids spécifiques(1) qui sont régulièrement supérieurs à 78 kg/hl. De même, les temps de chute de Hagberg(2) sont excellents, favorisés par le temps chaud et sec durant les moissons.
Seules les teneurs en protéines ne sont pas toujours au rendez-vous.
(1) Le poids spécifique correspond à la masse volumique d’un lot de céréales. Il est exprimé en kg/hl.
(2) Le temps de chute de Hagberg mesure l’aptitude d’un blé à être utilisé dans les industries de cuisson. Il mesure l’activité amylasique. Plus cette activité est importante, plus l’indicateur diminue et plus l’aptitude du grain à être utilisé par les industries de cuisson recule.
Les cumuls de pluie très élevés du printemps 2024 ont permis de maintenir des sols humides favorables aux semis des colzas. Contrairement aux campagnes précédentes, les travaux d’implantation se sont déroulés dans d’assez bonnes conditions. Les pluies et la douceur de septembre 2024 ont favorisé le développement des plantes. En entrée d’hiver, bien qu’hétérogènes, les biomasses des colzas étaient satisfaisantes. Le printemps a été favorable aux cultures. La floraison a débuté un peu plus tard que d’habitude mais le bon ensoleillement d’avril a été optimal pour l’installation de bons potentiels. Les chaleurs de juin n’ont pas été trop préjudiciables et, bien que les poids de mille grains soient un peu faibles, le rendement moyen régional est bon, 35 q/ha. Ce dernier compense le recul des surfaces et permet à la collecte régionale de gagner 13,6 % pour atteindre 0,39 M de t.
Aidée par une production de féverole record, de 33 593 t, la plus élevée depuis 2000, la production régionale de protéagineux progresse de + 17,8 % par rapport à la campagne passée. Elle s’établit à 121 290 t, inférieure à la moyenne quinquennale de 131 356 t.
Le pois protéagineux, malgré un bon rendement moyen régional de 35 q/ ha, mais dont les surfaces ne cessent quasiment pas de reculer depuis ces 10 dernières années, voit sa production en retrait de 3,7 %.
Tableau 2 : Estimation des cultures en place pour 2024-2025 - évolution par rapport à la campagne précédente
… mais famélique pour celle d’automne
Les semis des cultures de printemps ont débuté dans les temps, fin mars, début avril, et ont bien progressé au cours de la première quinzaine d’avril. Les pluies de fin avril ont perturbé les travaux qui ont alors pris du retard, particulièrement dans le sud de la région. Ensuite, les périodes sèches et très chaudes, parfois caniculaires de l’été 2025, vont obérés les potentiels des principales cultures de printemps.
Comme pour les céréales à paille, la maturation des cultures de printemps a été rapide. Les récoltes de maïs grain et de tournesol ont débuté fin août, début septembre et ont avancé rapidement. Contrairement à la campagne passée et aux calendriers habituels, fin octobre, la quasi-totalité des surfaces régionales étaient récoltées.
Pour la seconde année consécutive, la collecte de tournesol n’est pas bonne. Le rendement moyen régional de 19 q/ ha, tout juste supérieur à celui de 2024 mais plus faible que la moyenne sur 5 ans (22 q/ha) et la baisse des surfaces ont pour conséquence le recul de la production de 9 %. Cette dernière, de 366 555 t, est la plus faible enregistrée depuis 2000.
La production de maïs grain de 3 M de t baisse de 16,4 % par rapport à 2023-2024, conséquence des rendements des maïs grain cultivés en sec, dans l’ensemble, catastrophiques. Leur rendement moyen régional de 55 q/ha est le second plus faible enregistré depuis 2000 après 2003.
Les cours des principales espèces de céréales et d’oléagineux en recul en 2025
Les cours des principaux grains sur les marchés physiques n’ont quasiment pas cessé de reculer en 2025.
Le cours du blé tendre, rendu Rouen, débute l’année sur les niveaux de 2024, voisin des 22 €/q.
L’abondance de la production mondiale et la parité euro/dollar ont pesé sur les cours qui n’ont pas cessé de reculer. Le prix de blé perd ainsi près de 3,8 €/q sur un an.
Comme le blé, le cours du maïs grain rendu Rouen est en retrait et finit l’année 2025 bien en deçà des valeurs de 2024 et des moyennes de prix 2022-2024.
Le cours du colza rendu Rouen est également pénalisé par l’offre mondiale abondante et la bonne production nationale. Suite à un bon début d’année, il recule pour perdre plus de 6 €/q sur un an.
L’évolution du prix du tournesol est plus contrasté. En retrait début 2025, il reprend des couleurs sur la seconde moitié de l’année soutenu par la très faible collecte.
Graphique 1 : Cotation blé tendre (rendu Rouen) et maïs grain (rendu Bordeaux)
Les données des figures
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