Lutte contre le nématode du pin : visite de terrain des autorités sanitaires en Nouvelle-Aquitaine
Une visite stratégique au cœur de la crise sanitaire
Suite à la détection du nématode du pin (Bursaphelenchus xylophilus) sur la commune de Seignosse en novembre 2025, l’État a immédiatement déployé un dispositif de lutte exceptionnel. Pour appréhender les mesures mises en place , une délégation de la Direction Générale de l’Alimentation composée d’Emmanuel Koen, Milène Gentils et Nicolas Lenne a accompagné sur le terrain Virginie Alavoine, Directrice de la DRAAF Nouvelle-Aquitaine, ainsi que les agents du Service Régional de l’Alimentation (SRAL), notamment ceux du pôle Département de la Santé des Forêts (DSF).
Cette immersion technique visait à constater l’avancement des mesures d’éradication et à réaffirmer la détermination de l’État dans la protection du massif des Landes de Gascogne. Face à cet organisme de quarantaine prioritaire, la visite a souligné l’importance d’une coordination entre les services de contrôle et les professionnels de terrain.
Les actions de recherche et d’analyse : INRAE et LDA 33
La délégation a d’abord visité l’unité de recherche de l’INRAE à Villenave d’Ornon, une infrastructure hautement sécurisée (investissement de 3 millions d’euros).
• L’unité INRAE : les recherches se concentrent sur la résistance génétique du pin maritime. Les dispositifs de sécurité y sont drastiques dans la serre confinée agréée par les services de l’Etat : sas de pression négative (jusqu’à -25 pascals), douches obligatoires, port de blouses spécifiques et systèmes de filtration.
• Le LDA 33 : maillon essentiel de la chaîne de détection rapide, le Laboratoire Départemental d’Analyse analyse les prélèvements officiels. Sa réactivité est déterminante pour isoler les foyers avant que la période de vol du vecteur ne débute.
Opérations de terrain à Seignosse : la lutte active en zone infestée
Le déplacement à Seignosse a permis d’inspecter les chantiers en zone infestée où s’applique une stratégie de "vide sanitaire"
La stratégie de surveillance autour du foyer est dite « centrifuge » : l’effort de prospection terrestre est quatre fois plus intense dans le rayon des 3 km que dans le reste de la zone tampon. Pour compléter ce maillage, l’État a mobilisé l’IGN pour une mission de survol aérien haute résolution couvrant 36 000 hectares, permettant une géo-localisation exhaustive des cibles par photo-interprétation.
Les étapes d’un chantier en zone infestée :
• Abattage systématique des végétaux sensibles dans un rayon de 500 mètres.
• Broyage immédiat sur place des rémanents de coupe en copeaux de moins de 3 cm.
• Évacuation sécurisée vers des établissements désignés (comme la scierie Lesbats).
• Contrôle strict des flux via la délivrance obligatoire d’un laissez-passer phytosanitaire par la DRAAF.
Dialogue avec la filière : le comité de suivi et les enjeux économiques
L’impact économique est au cœur des préoccupations. Selon la FIBNA, la zone délimitée représente un enjeu de 100 000 m³ de bois, soit 7 % de la production de bois d’œuvre du massif.
L’État assume pleinement son rôle de pilote et de financeur avec une première enveloppe de 5 millions d’euros débloquée pour couvrir les frais de lutte. Le dispositif d’indemnisation prévoit une prise en charge graduée selon le statut sanitaire.
La scierie Lesbats, établissement désigné pour recevoir des bois issus de la zone délilitée et les traiter, illustre le dernier rempart contre la propagation. Pour que le bois puisse circuler légalement hors de la zone, il doit subir un traitement thermique certifié selon la norme NIMP15 : une température de 56°C au cœur du bois pendant 30 minutes.
Une course contre la montre pour protéger le massif des Landes
La mobilisation de l’État, des services de recherche , des partenaires (ONF, FREDON, CNPF), des acteurs professionnels, des collectivités et des particuliers témoigne d’une réactivité exemplaire. Si les premiers résultats négatifs en périphérie sont encourageants, la vigilance reste de mise. Le succès de l’éradication est conditionné au maintien des mesures de lutte sur une période de 4 ans sans nouvelle détection.
La protection du patrimoine forestier est l’affaire de tous. L’État continuera d’accompagner les entreprises et les propriétaires particuliers face à ce défi sanitaire et économique majeur.
Les photos de la visite de terrain :
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